La Nouvelle-Zélande, un pays précurseur du féminisme ? Oui ! C’est ce pays courageux où les femmes ont obtenu le droit de vote dès 1893, où l’écart salarial hommes-femmes est le plus réduit, où des femmes occupent des postes prestigieux.
Mais… c’est aussi sur cette petite île du Pacifique sud que l’accès à l’avortement est resté très compliqué jusqu’en 2020 et où 1 femme sur 3 s’est déjà déclarée victime de violences conjugales, physique ou morales.
Le féminisme en Nouvelle-Zélande : le droit de vote des femmes en 1893 !
Les colons britanniques souhaitaient créer, en Nouvelle-Zélande, une nouvelle société qui reprendrait le meilleur de l’empire britannique et délaisserait les aspects négatifs de la révolution industrielle.
Beaucoup aspiraient à une société plus égalitaire, avec des classes sociales moins rigides, empreintes de mixité et plus humaines.
Ces nouveaux néo-zélandais comptaient, par ailleurs, parmi eux, des féministes britanniques.
Pourquoi le vote des femmes fut-il instauré si vite ?
Primo, la Nouvelle-Zélande était un petit territoire, peu peuplé, où les traditions conservatrices n’avaient pas eu le temps de prospérer.
Secondo, en 1880, le pays du long nuage blanc comptait plus de sujets britanniques hommes que femmes. Nombre d’hommes étaient célibataires, volontiers pilleurs et agresseurs…
Ajoutons à cela la pauvreté, les problèmes d’alcoolisme et de débauche.
Dans cette société plutôt inquiétante, bien que focalisés sur l’éternel cliché de la femme, maternelle et nourricière, les hommes mariés, bien que salement conservateurs, virent dans leurs épouses et mères de véritables boussoles morales.
Cela eu pour effet de revaloriser le statut des femmes en Nouvelle-Zélande.
Par ailleurs, les groupes féministes étaient très bien organisés (lien en anglais) et très déterminée. Ils faisaient entendre leurs voix, grâce à des pétitions, des pamphlets.
De lettres ouvertes en discours publics et lobbying auprès des hommes politiques de l’époque, Kate Sheppard, notamment, auteur du pamphlet Ten Reasons Why the Women of New Zealand Should Vote, permit grandement à la condition féminine s’améliora dans le pays.
Les hommes ne pouvaient plus nier l’effet stabilisateur que produirait le vote des femmes.
En Nouvelle-Zélande, on favorise l’égalité salariale
Au pays du long nuage blanc, l’écart salarial, entre femmes et hommes, au dernier trimestre 2024, était de 8,4%. C’est l’un des plus bas écart au monde, si on fait une comparaison des travailleurs à temps plein.
La Nouvelle-Zélande est aussi le seul pays où des femmes ont occupé les postes les plus importants, tels que celui de premier ministre, reine des Maoris, ou encore présidence de la Cour suprême.
La Nouvelle-Zélande, le féminisme et le paradoxe de l’avortement…
En raison du Contraception, Sterilisation and Abortion Act de 1977, datant de 1977, la pilule était encore délivrée sur ordonnance, il y a quelques années, en pays kiwi.
Les médecins pouvaient refuser, en toute légalité, de répondre favorablement à la demande d’un.e patient.e (contraception, avortement), au nom de la « Conscientious Objection« , ou objection de conscience.
Depuis 2019 (seulement), Aotearoa a développé une politique plus ambitieuse en matière de contraception : un accès facilité et peu coûteux aux moyens de contraception.
IVG compliqués avant 2020
Jusqu’en 2020, l’interruption volontaire de grossesse n’était autorisé qu’en cas d’anomalie du fœtus, ou de risque physique ou psychique pour une femme enceinte.
Le Parlement comptait en son sein des élus plus conservateurs que ne le sont les citoyens kiwi depuis une bonne paye !
Les candidates à l’IVG devaient feindre un état mental dégradé, auprès de multiples spécialistes, afin d’obtenir une interruption volontaire de grossesse ! Obscurantisme bonjour…
Pire, l’avortement était passible de 14 ans de prison. La loi n’était jamais appliquée, mais elle existait toujours.
Depuis 2020, suite à la promesse de campagne de Jacinda Adern, il n’y a plus aucune restriction à l’accès à l’avortement, durant les 20 premières semaines de grossesse.
Jacinda Adern, premier ministre de 2017 à 2023
Jacinda Adern a été la plus jeune des premiers ministres néo-zélandais (37 ans lors de sa prise de fonctions).
Elle est rapidement devenue une icône féministe après sa réponse, lors d’une interview, à la question d’avoir ou non des enfants. La question lui avait été posée par un premier journaliste. Elle avait déclaré ne pas avoir de problème à répondre à cette question.
Le lendemain, cependant, lorsqu’un autre journaliste a sous-entendu que les employeurs avaient le droit de savoir si des candidates à un poste prévoyaient de prendre un congé pour avoir des enfants, Ardern a répondu de manière beaucoup plus ferme :
Je m’étais exprimée à propos d’un choix personnel… c’est mon choix… mais en ce qui concerne les autres femmes, il est totalement inacceptable, en 2017, d’affirmer que des femmes devraient répondre à cette question sur leur lieu de travail. C’est une décision personnelle et cela ne devrait jamais entrer en ligne de compte pour valider ou non leur embauche.
En 2019, elle avait dû faire face à une éruption volcanique meurtrière dans le nord du pays et gérer le pire attentat jamais perpétré sur le sol néo-zélandais (51 personnes tuées à Christchurch par un suprémaciste blanc).
Par la suite, en 2020, elle a dû prendre des décisions particulièrement compliquées pour faire face à la pandémie de Covid-19. Elle avait fait fermer les frontières rapidement et imposé un confinement strict.
Elle a quitté son poste de premier ministre début 2023.
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